LE PROJET "LA VillE FAMILIERE"

LE PROJET "LA VillE FAMILIERE"

Ce projet - intitulé “Habiter et apprentissages de la citoyenneté” - est le résultat d’une rencontre franco-roumaine entre des enseignants-chercheurs et étudiants des sciences sociales, des professionnels de la culture et de la ville, des habitants concernés par leurs espaces de vie. Anthropologues, sociologues, enseignant.e.s-chercheur.e.s et étudiants en sciences de l’information et de la communication, du travail social, architectes-urbanistes, employés des musées, habitants-”experts” de leur vie quotidienne, ce qui nous anime ensemble est la production des connaissances actives de la ville, la sensibilisation aux problèmes de la ville.

Une connaissance active de la ville suppose un regard attentif et informé par l’expérience des espaces urbains, regard qui implique nécessairement la possibilité d’une critique sociale et d’un rapport de citoyenneté à la ville.

Notre souhait est de croiser les regards sur les pratiques urbaines des quartiers et des villes de France et de Roumanie, afin de mieux saisir et comprendre les expériences  des transformations urbaines d’ici et de là.

FAMILIARITÉS URBAINES

Nous proposons une lecture des transformations de la ville en donnant à voir les expériences faites quotidiennement par les personnes qui l’habitent et qui la transite. Nous prêtons particulièrement attention aux familiarités que les individus construisent avec la ville, c’est à dire : aux ajustements permanents, aux routines, aux attachements par lesquels les individus donnent une continuité à leurs pratiques de vie, même lorsqu’ils vivent des situations de rupture, de dislocation des lieux (des démolitions et déménagements, la reconversion des lieux, envahissement par le circulation routière, etc.). Mais la ville peut aussi paraître  très peu familière à ses habitants et à ceux qui la transite, et il s’agit alors de mettre la loupe sur ce sentiment d'étrangeté.

Enfin, en l’habitant en continu, quotidiennement, la ville peut parfois nous sembler tellement familière, au point que nous ne percevons plus les transformations que subissent nos espaces de vie et au point de ne plus être réactifs à ce qui nous arrive.

Par ce projet, nous souhaitons inviter à une re-prise de la ville et de notre quartier, en faisant le chemin de nos trajets quotidiens et en portant notre attention sur nos espaces de vie, sur ce qui nous est (non)familier

 

MATÉRIAUX PRÉSENTÉS

Produits par des enquêtes de terrain, les matériaux présentés sur ce site ne reflètent pas un résultat final, une proposition de lecture fermée sur elle-même, ou produite par un chercheur “expert” et distancié, isolé dans sa tour d’ivoire. Ces matériaux n’ont pas ambition à produire des généralisations universellement valables. Ils décrivent des situations de vie et des problèmes concrets auxquels les citadins se confrontent. Ces matériaux ont ainsi un caractère provisoire et le but d’attirer l’attention, afin d’élargir le cercle des citadins vigilants préoccupés par ce qui arrivent à leur ville. En d’autres termes, et pour reprendre Peirce, ce projet et ces matériaux sont destinés à élargir la “communauté des explorateurs” de la ville.

Enfin, cette expérience est aussi, pour les chercheurs, une illustration des démarches possibles de “science publique”, qui se trouve au plus près des problèmes des usagers de la ville et qui participe à la définition et résolution de ces problèmes, à côté de celles et ceux qui les vivent au quotidien.